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Séminaire BnF/EHESS “ Iconographie médiévale et bases de données” 2026

Pour la première fois, le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France et le groupe de recherche « Anthropologie historique du long Moyen Âge » (AHLoMA, anciennement GAHOM) de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales coordonnent un cycle de conférences. Destiné aux chercheurs médiévistes et aux étudiants en formation, mais également ouvert au grand public, le séminaire est consacré à l’étude du manuscrit enluminé et aux enjeux de l’indexation dans les bases de données, comme Mandragore, base iconographique de la BnF, et la base Images de l’EHESS.

Programme 2026

  • 6 octobre 2026 – Pierre-Olivier Dittmar (Maître de conférences, EHESS) et Sabine Maffre (Conservatrice au service des manuscrits médiévaux et de la Renaissance du département des Manuscrits, BnF) : « Séance inaugurale : les animaux en marges »

Avec l’apparition des marges enluminées au XIIIe siècle, une nouvelle façon de représenter les animaux s’impose dans l’art médiéval, avec de nouvelles espèces (comme les papillons) et de nouvelles façons de représenter, plus naturalistes. Cette séance partira de la représentation animale dans le Bréviaire de Belleville, qui propose des images naturalistes d’une grande précision, et sera articulée à la publication récente de l’ouvrage de Pierre-Olivier Dittmar, L’invention de l’animal. Essais d’anthropologie médiévale, (Gallimard, Bibliothèque illustrée des histoires, 2026).

  • 10 novembre 2026 – Jean-Claude Bonne, Directeur d’études émérite à l’École des hautes études en sciences sociales :

« Un rituel de la couleur au Moyen Âge ? »

Cette séance sera consacrée à la question de l’ornement dans le Sacramentaire de Saint-Étienne de Limoges, fleuron de l’enluminure romane. En 1983, Jean-Claude Bonne rédige un article “Rituel de la couleur. Fonctionnement et usage des images dans le Sacramentaire de Saint-Étienne de Limoges” qui est devenu un jalon essentiel pour penser les interactions entre l’ornement et la performance liturgique. Cette séance sera l’occasion d’un retour sur ce manuscrit exceptionnel, revisité à l’aune des problématiques contemporaines.

  • 8 décembre 2026 – Anne-Orange Poilpré, professeure d’histoire de l’art médiéval (Paris I Panthéon Sorbonne) :

« Écrire ou figurer la vie du Christ ? L’image à l’épreuve de la Bible dans l’Empire carolingien »

Cette séance sera consacrée à la publication de l’ouvrage d’Anne-Orange Poilpré, Histoire du Christ en images, Évangiles latins, VIe-XIe siècle (PUR, 2O24). La conférence s’appuiera tout particulièrement sur un des chefs-d’œuvre de l’enluminure carolingienne, les Évangiles de Saint-Médard de Soissons.

Les séances se tiendront le mardi de 17h à 18h30 dans la salle des Conférences de la BnF, sur le site Richelieu (accès libre dans la limite des places disponibles).

 

Arrêt sur images : de drôles de marges enluminées

A partir du milieu du XIIIe siècle et pour environ un siècle, les marges des manuscrits se peuplent de petites scènes appelées drôleries. Tout un univers foisonnant fait alors son apparition. Inspirées du bestiaire médiéval et des fables, ces représentations à portée morale mettent à l’honneur de nombreux animaux, comme la licorne, le singe, le renard ou la cigogne.

BnF, Latin 14284, f. 29, initiale historiée (ivresse de Noé) et dans les marges, créatures hybrides et deux singes jouant aux dés.

Prenons quelques exemples tirés d’un somptueux livre d’heures enluminé de la fin du XIIIe siècle conservé à la Bibliothèque nationale de France (BnF, Latin 14284). Les feuillets sont ornés d’une profusion de petits personnages, de créatures hybrides et d’animaux. La numérisation du microfilm noir et blanc est disponible dans Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France, mais vous pouvez retrouver les reproductions en couleur ainsi que les identifications des sujets représentés grâce à Mandragore, base des manuscrits enluminés de la BnF.

Certaines scènes sont bien reconnaissables, comme la chasse à la licorne (f. 4v). Une jeune femme assise tient contre elle une licorne que l’on reconnaît à sa corne. Alors qu’elle se blottit en toute confiance, un chasseur lui porte un coup fatal. En effet, dans la pensée médiévale, on ne mettait pas en doute l’existence de la licorne et on pensait que cet animal farouche ne se laissait approcher que par une jeune pucelle, d’où le stratagème d’attirer la licorne dans ce piège afin de pouvoir la capturer. Continuer la lecture de Arrêt sur images : de drôles de marges enluminées →

élémentaire ! la terre, L’eau, l’air et le feu dans les enluminures du Livre des propriétés des choses

Le XIIIe siècle fut une période faste, marquée par la rédaction de nombreuses encyclopédies, comme le De proprietatibus rerum, oeuvre du franciscain Barthélémy l’Anglais. Cet ouvrage connut un succès considérable, diffusé notamment à travers les nombreuses traductions en langues vernaculaires. C’est le roi de France Charles V (1364-1380) qui fit traduire en 1372 le texte en français par son chapelain, Jean Corbechon.

BnF, Français 22531, f. 12r
Charles V et le traducteur Jean Corbechon

Intitulé Le livre des propriétés des choses, cette somme des connaissances du temps fit l’objet de plusieurs copies manuscrites somptueusement enluminées. Plusieurs exemplaires conservés à la Bibliothèque nationale de France en témoignent. Divisée en dix-neuf livres, qui constituent autant de sections touchant aux différents domaines du savoir, cette encyclopédie aborde au quatrième livre le corps humain.

Parcourons ensemble les nombreux manuscrits enluminés de la BnF afin de comparer les miniatures qui servent de frontispice à cette partie du texte, et découvrons les partis pris des artistes pour introduire ce thème.

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Heurs et malheurs du copiste

Mettre en page le manuscrit au XIIIe siècle à travers deux exemples de Bibles enluminées

La Bibliothèque nationale de France conserve de très nombreux manuscrits de la Bible copiés au Moyen Age, et notamment un ensemble de Bibles datables du XIIIe siècle, le grand siècle des Universités. Les Bibles gothiques sont très différentes des Bibles Romanes : si l’on regarde une Bible du XIIe siècle, comme le manuscrit en deux volumes (BnF, Latin 11534-11535), elle paraît géante, presque 50 cm de hauteur, par rapport à une Bible du XIIIe, de plus petit format, en un seul volume. C’est le cas d’une Bible datable du milieu du XIIIe siècle, haute de 15 cm (BnF Latin 10425), faite pour être maniable, transportable aisément et commode pour l’étude au sein des Universités.

Les Bibles gothiques sont copiées avec une écriture de tout petit module, et le parchemin utilisé, très aminci, renvoie à la dénomination actuelle de « papier bible », qui évoque un support très fin et qui permet de condenser beaucoup de texte dans un seul volume. Le gain de place se traduit également par une décoration peu fournie, avec souvent pour seule initiale historiée le début de la Genèse, « In principio creavit deus ».

BnF Latin 10425, f. 12v

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Lecture typologique de l’Ancien Testament : Abel, Isaac, Melchisédech, Samson, préfigures du Christ

La concordance entre l’Ancien et le Nouveau Testament tient une place centrale dans l’exégèse chrétienne. Le symbolisme typologique voit dans l’Ancien Testament l’annonce du Nouveau. Dans le chapitre XXVI du livre XVI de La Cité de Dieu, saint Augustin résume cette doctrine en une formule appelée à une grande fortune : « Quid enim est quod dicitur Testamentum Vetus, nisi occultatio Novi ? » (Saint Augustin, De Civitate Dei, P.L. 41, col. 505). Ce qui est voilé dans l’Ancien Testament est dévoilé dans le Nouveau.

L’interprétation figurative se trouve en germe dans la Bible, où le Christ insiste sur le lien entre les deux Testaments. Selon cette concordance, Abel fait partie des préfigures du Christ. Ce rapprochement se rencontre très tôt et trouve son origine dans le texte biblique. En effet, dans l’Epître aux Hébreux, saint Paul évoque la mort d’Abel le Juste qui annonce celle du Christ (Hb 12, 24). Son offrande, annonciatrice de la Cène, symbolise l’Eucharistie.  

BnF, Français 159, fol. 10, Offrandes d’Abel et Caïn
Dans Gallica
Dans Mandragore

L’offrande d’Abel se trouve mentionnée dans le canon romain qui rappelle aussi le sacrifice d’Abraham et de Melchisédech. Melchisédech, prêtre-roi, prononça une bénédiction sur le patriarche Abraham en offrant du pain et du vin (Gn 14, 18).
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Caïn et Abel ou le combat entre les Vices et les Vertus

L’histoire de Caïn et Abel figure en bonne place dans le répertoire iconographique chrétien. Elle est relatée dans la Genèse (Gn 4, 1-17). Après le péché originel et l’expulsion du paradis d’Adam et Eve, Eve donne naissance à deux fils. Abel, le cadet, devient pasteur, tandis que l’aîné, Caïn, se tourne vers les travaux de la terre. Les deux frères offrent un sacrifice à Dieu qui agrée celui d’Abel mais refuse celui de Caïn. Les raisons du choix divin ne sont pas mentionnées. L’épisode des offrandes est brossé en quelques traits dans la Genèse, en une évocation lapidaire, sans abondance de détails (Gn 4, 3-5). 

BnF, Français 9, f. 11, Bible historiale, début du XVe siècle
Dans Mandragore

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La fine fleur des manuscrits enluminés de la BnF : la symbolique des fleurs au Moyen Âge

Alors qu’en cette période il est impossible de déambuler et d’admirer les fleurs de printemps, nous vous proposons une balade virtuelle dans les collections de manuscrits médiévaux somptueusement enluminés, à travers le livre d’heures de Jeanne de France (BnF, NAL 3244). Daté du XVe siècle, cet ouvrage précieux a été classé Trésor national et a été acquis en 2013 par la BnF grâce à la générosité de plus de 1700 particuliers, entreprises, fondations et associations. Conservé au département des Manuscrits, désormais numérisé, ce manuscrit est accessible en ligne dans Gallica ainsi que dans Mandragore, base des manuscrits enluminés de la BnF.

Tout le décor du livre d’heures de Jeanne de France a été décrit dans Mandragore. C’est ainsi que vous pourrez retrouver de nombreuses fleurs identifiées dans les marges des feuillets, avec une symbolique très riche. Par exemple, au feuillet 63, on retrouve deux fleurs très symboliques, l’ancolie et la pensée. Continuer la lecture de La fine fleur des manuscrits enluminés de la BnF : la symbolique des fleurs au Moyen Âge →